Maryse Viseur: Une Femme qui Ose

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Elena LYSAK

M
aryse Viseur qui préside l’Association Femme Avenir, est aussi connue dans le monde sportif comme un juge-arbitre international de canoë-kayak. Femme brillante, qui porte le titre de Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur et de Chevalier dans l’Ordre National du Mérite, elle n’admet pas son exceptionnalité, évite le mot succès et estime que le courage peut ouvrir toutes les portes.

Maryse Viseur, President France Avenir, Paris, France

Je suis une compétitrice dans l’âme, je fais tout pour dépasser mes limites …

Maryse Viseur President Association Femme Avenir
Madame Maryse Viseur, Paris, France

Maryse, je vous ai connue par votre grande activité – Présidente de Femme Avenir. Mais en fait votre parcours de vie est très divers. Le sport, par exemple. Vous faites partie des jugesarbitres les plus réputés du monde de canoë-kayak.

Oui, le sport occupe une grande place dans ma vie depuis le plus jeune âge, mais rien ne devez me pousser à aimer le sport. Fille unique en campagne du Sud-Ouest, j’ai poursuivi un cursus scolaire classique, mais j’étais très douée en sport. C’était un rêve, et quand j’ai demandé à mes parents de faire des études de sports, ils m’ont dit : «Non, une jeune fille ne lève pas la jambe!»

Pourtant, je continuais à pratiquer différents sports, et en 1975 j’ai rencontré un garçon, qui m’a invitée à essayer le canoë-kayak avec lui. Honnêtement c’est un garçon avec lequel je suis sortie, qui est devenu mon mari, père de notre fils. Voilà ! Nous sommes mariés depuis 1978.

Maryse Viseur, President of Femme Avenir, Paris, France
Maryse Viseur, Paris, France

Avec mon mari nous avons attend un niveau honorable : nous sommes allés jusqu’au Championnat de France en canoë bi-place mixte. Et puis, notre fils est arrivé, mon mari était muté sur Paris, et nous avons dû mettre un terme à la pratique de notre sport. Un jour nous avons décidé de recommencer cette activité sportive, mais sur Paris nous n’avons pas trouvé un club qui nous correspondait – donc on a créé un club: le canoe-kayak Lagny. Quand les jeunes du Club ont commencé à participer aux compétitions il a fallu des juges. Donc j’ai passé mon diplôme de juge national, puis international, que j’ai depuis 1991. Aujourd’hui notre Club est jeune, mais il a déjà ces titres de noblesse: des champions Nationaux, des champions du monde, une médaille aux Jeux Olympiques…

Mon mari est Président du Club, moi, je suis cofondatrice, juge et arbitre international reconnue au niveau mondial pour les championnats et les rencontres pré olympiques de 2015 et Jeux Olympiques de Rio de 2016. Cette reconnaissance me fait plaisir! Je suis également membre du Conseil Fédéral de la Fédération Française de Canoë-Kayak. Et puis … j’ai été vice-championne de France de 1998.

Mais finalement, votre activité sportive, votre ouverture d’esprit, c’était soutenu par vos parents?

Pour vous dire, j’ai reçu une «bonne éducation», une éducation très inspirée par les idées des années 1950, mais je suis toujours restée ouverte aux idées modernes, novatrices. Alors, à l’époque je n’ai pas montré mes idées, c’est à partir de mon mariage que j’ai commencé à m’exprimer librement, depuis les années 70.

J’avais des parents très traditionnels … à quoi bon se consacrer à autre chose que la famille… Mais ma grand-mère, la mère de ma mère, était assez exceptionnelle! Une très jolie femme, intelligente et avant-gardiste. Elle conduisait sa voiture, vous imaginez, à l’époque, tout début 1910! Et maman, elle restait très classique, je ne sais pas pourquoi. Elle avait les idées arrêtées : «la femme doit être comme ça, l’homme doit être comme ça».

Oui, je crois beaucoup avoir été influencée par mes grands-parents maternels. C’était un couple extraordinaire et original : la Belle et la Bête. J’ai été bercée par eux, et je pense que mon caractère affirmé vient d’eux. Oui!

Et votre fils ? Est-ce qu’il vous ressemble?

En partie! Notre fils a 38 ans, et il vient, avec son épouse, de nous procurer un très grande bonheur en donnant naissance à deux adorables petits fils, des jumeaux qui ont 2 ans aujourd’hui. Chef d’entreprise, son épouse directrice de société, ils vivent en Belgique. Voilà! Aujourd’hui avec mon mari nous sommes heureux de pouvoir garder nos petits-fils périodiquement.

Et qui gardait votre fils à l’époque?

À la naissance de notre fils, dirigeante de société, c’étaient mes parents qui gardaient notre fils. Mais quand nous avons déménagé à Paris, en 1989, j’ai arrêté toutes activités professionnelles et suis restée au foyer, mais toujours avec des activités associatives importantes – « Femme Avenir » entre autres.

Toutes ces activités m’ont permis de participer, par exemple, à l’établissement de la nouvelle politique familiale, sous Alain Juppé. Mère au foyer, j’ai été le pivot familial, tout temps me consacrant à de nombreuses activités extérieures.

De même, à l’école de notre fils je suis devenue la première femme présidente de l’association des parents d’élèves soit plus de 1100 familles dans cet établissement privé garçons Saint-Laurent de Lagny.

Interview of Maryse Viseur, Paris, France
Maryse Viseur parle avec Elena Lysak. Paris, France

Incroyable! Écoutez, j’ai vu votre citation : «Je suis une compétitrice dans l’âme, je fais tout pour dépasser mes limites».

Oui. Mais en fait, je ne sais pas quelles sont mes limites. Mes limites – c’est de dire : «Qu’est-ce qui est possible, qu’est-ce qui n’est pas possible.» Déjà c’est de réfléchir comment faire quelque chose pour obtenir le résultat satisfaisant.

Satisfaisant pour qui?

Pour moi. Et aussi d’être capable de dire ce que j’accepte et ce que je n’accepte pas. Et connaitre aussi ce qu’on a envie de faire. Et parfois, de même, être capable de dire: «Non».

Dites-moi, vous êtes exigeante?

Oui. Je suis exigeante pour moi. Pour les autres, aussi, parfois. Mais je suis capable de voir lorsque je travaille en équipe ce que les gens sont capables de donner par eux-mêmes. Et d’essayer de trouver des objectifs communs réalisables par tous. Par contre, faire l’individualisation en groupe – c’est aussi possible… Cette forme d’exigence c’est parce que j’estime avoir beaucoup reçu, et que je dois apporter le meilleur aux autres. Il faut le faire!

Faire grandir la société

Magnifique! Toujours des hauts niveaux de tout ce que vous faites!

Non, ce n’est pas magnifique. C’est juste moi. Je suis une femme libre, je n’aime pas avoir les pieds et les mains liés, en étant libre je peux évoluer dans tous les milieux et avoir une liberté d’expression et d’action importante. Toute en ne reniant absolument pas ni mes origines, ni mon éducation, ni ma culture, ni mes valeurs, ni mes opinions politiques, ni mon engagement religieux – être moi et être en harmonie avec les autres. Et je suis pugnace, oui c’est ça.

Maryse Viseure, the President of Femme Avenir, Paris, France
Maryse Viseur talking with Elena Lysak, Paris, France

J’imagine qu’être Présidente de Femme Avenir – c’est un travail énorme!

Oui. J’ai été élue Présidente en 2007, cette année je fête un dixième anniversaire. Mon premier mandat était signé sous le titre:

Osez!

Il fallait que les femmes osent.

En 2017 mon slogan c’est:

Modernité!

Parce que nous sommes un mouvement historique féminin mais moderne. Notre association, Centre de Formation, d’Étude et d’Information Femme Avenir été créée par Général de Gaulle en 1965 pour permettre aux femmes d’occuper leur place, toute leur place dans la société civile, économique, culturelle, politique … Notre Association fait également des propositions de loi pour enrichir la législation française en faveur des femmes.

Défendre les femmes et leur donner toutes les possibilités nécessaires pour grandir et faire grandir la société. Avec les hommes.

Faire grandir la société – c’est une idée nationale?

Oui ! Tout à fait. D’ailleurs j’ai d’autres activités importantes. Depuis notre arrivé à Paris j’ai intégré, l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN) où je suis auditrice, membre du Comité directeur de l’association régionale, et Présidente du Comité d’Étude Jeunesse. À l’issue de l’IHEDN, en parallèle j’ai intégré la “Reserve Citoyenne”, chef d’escadron de gendarmerie.

Membre d’un groupe de travail nous nous réunissons tous les mois et travaillons sur des thématiques: valorisation du concept «gendarmerie», création d’un colloque sur la sécurité au service des entreprises.

C’est important parce que la sécurité – c’est la richesse de la nation. Et la sécurité nous permet de vivre en liberté et de faire grandir la société. C’est le respect des règles de la citoyenneté. Bon, il n’est pas nécessaire d’avoir un gendarme à ses côtés pour dire: «Madame, votre enfant laisse tomber le papier, et vous avez la poubelle juste à côté.»

C’est du bon sens et de la propreté. Propreté d’esprits – propreté de rues.

Maryse Viseur, President of Femme Avenir, Paris, France
Madame Maryse Viseur, Paris, France

Très impressionnant ce que vous faites ! Et comment vous vous êtes retrouvées dans Femme Avenir?

C’est très simple. Quand mon mari a été appelé sur Paris, un jour il m’a dit : «Écoute, je connais une Association qui est faite pour toi».

Et moi, je dis: «Féminine?! Diable!», car j’avais plus de contacts avec les hommes, qu’avec les femmes. Mais lorsqu’en 1989 j’ai adhéré à Femme Avenir, j’ai rencontré des femmes extraordinaires, formidables! Aux parcours, je dirais, de pionnières et de résistantes! Des femmes qui désiraient construire et façonner la France pour avoir des Femmes libres. Donc je suis à Femme Avenir, et je suis fière de regrouper des femmes d’origines diverses, mais celles qui partagent les mêmes valeurs.

Vous dites beaucoup de choses patriotiques. Vous êtes Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur

Et je suis également Chevalier dans l’Ordre National du Mérite. Ce sont les deux plus hautes distinctions nationales, la bleue et la rouge, et je porte les deux. La bleue m’a été décernée en 2005 sur réserve de Président de la République de l’époque. Elle m’a été remise par le Ministre de la fonction publique Christian Jacob. La rouge m’a été décernée en 2009 aussi par le Président de la République, elle m’a été remise par Michèle Alliot-Marie, Ministre de la Défense. C’était une cérémonie-surprise!

Je me suis dit: «On me la donne, mais il y a beaucoup de personnes qui travaillent avec moi, je voulais leur faire partager cet honneur.» J’avais organisé une déjeuner au Sénat avec 110 invités, peu de personnes savait que Mme le Ministre allait venir… A son arrivée, j’ai annoncé que je voulais leur rendre hommage à ma façon, au titre de récipiendaire de la Légion d’Honneur.

J’ai de la chance d’avoir un tel mari.

Alors, votre mari et votre famille, ils doivent être très fiers de vous?

Oui, je crois, mais moi aussi, je suis très fière d’eux.

Les liens entre la famille et l’activité – est-ce que c’est tellement important pour des femmes?

Ah, oui! C’est pourquoi, nous travaillons à Femme Avenir depuis l’origine pour créer une véritable conciliation vie familiale-vie professionnelle. D’où nos propositions pour enrichir la législation française en faveur des femmes.

Est-ce que c’est difficile, la conciliation vie familiale-vie professionnelle?

Extrêmement difficile. Car souvent encore aujourd’hui des femmes qui veulent faire quelque chose en dehors de leur cercle familial, se le refusent parce qu’elles se mettent des freins liés à des pseudo- obligations. Ou comme moi, ont la chance d’avoir un mari, qui m’a toujours laissée mener mes activités, en s’impliquant dans les tâches quotidiennes.

Dans votre couple, êtes-vous aussi actifs l’un que l’autre socialement?

Affirmatif. Bien que nous partagions beaucoup de choses en commun, mon mari mène et gère également ses propres activités. Mais notre axe central reste la valeur de l’engagement, celui d’être au service des autres. Cela nous galvanise.

Tout le monde peut le faire, car

si on a la possibilité d’aider quelqu’un pourquoi ne pas le faire ? Qu’est-ce que va nous rapporter de ne pas le faire ?

Et la possibilité d’agir, c’est une possibilité égale pour des hommes et pour des femmes?

Identique, mais les expressions peuvent être différentes. La femme doit rester femme, il faut qu’elle soit naturelle, mais consciente que la société est codifiée par des hommes. Donc il faut savoir adapter ces codes, mais rester toujours soi. Si, par exemple, un homme me demande de lui préparer un café je lui dis : «Allez-y, vous allez me l’offrir!» Voilà, c’est moi.

Vous voyez, la législation française offre aux femmes déjà l’essentiel des droits, mais il faut oser les utiliser!

Il existe plusieurs exemples des femmes qui osent, des femmes qui inspirent … non, pas uniquement inspirent, plutôt des femmes qui font. Regardez, Angela Merkel, Margaret Thatcher, Michèle Alliot-Marie, Christine Lagarde. Femmes elles sont, femmes elles restent, mais comment sont-elles réellement perçues? Plutôt comme chef d’État, premier-ministre … femmes d’action, femmes de pouvoir.

Est-ce que c’est un avantage d’être femme dans un monde d’hommes? Ou c’est plutôt une galère?

Ce n’est pas une galère, normalement. Plutôt une condition, mais il faut savoir prendre sa place: «Je suis comme ça, et j’ose être moi!»

Mon succès c’est un partage

Et pour vous le succès c’est quoi? La reconnaissance de ce qu’on apporte aux autres?

Très philosophique ça …

Mais vous avez du succès?

Non. Mais si on réfléchit sur ce mot, si on s’arrête sur ce qu’on voit tous les jours – c’est plutôt un effet médiatique, une notion marketing.

Dans la société actuelle pour avoir du succès il faut être, excusez-moi, un peu vulgaire, c’est comme ça que je le vois.

Ce sont des images diffusées par les médias, alors qu’un vrai succès, il vient d’où? Ce n’est pas évident …

Mais votre vie, votre parcours exceptionnel, est-ce que ce n’est pas un succès aux yeux des autres?

Succès – ce n’est pas le mot qui me correspond! Plutôt : elle est courageuse. Mais si vous voulez un vrai mot qui me caractérise –

je suis pugnace!

On est en combat, je tente d’aller jusqu’au bout.

Et le succès …

Mon succès c’est un partage avec la famille.

Et maintenant aussi avec mes petits-enfants – c’est un vrai moteur! Je vais vous dire une chose. Quand ils sont nés en 2014 la première idée qui est passée dans mon esprit a été: «Quel âge vas-tu avoir quand ils vont avoir 20 ans?» Et là je me suis dit: «Wow! Il faut que tu te maintiennes en forme!» C’est ça mon succès.

Chaque jour est un loisir!

Est-ce qu’il y a des choses pour lesquelles il vous manque du temps ou de l’énergie?

Non. Parce que quand je décide de faire quelque chose, je le fais. Et quand il y a de nouveaux projets je fais un tri entre ce qui est possible et ce qui ne l’est pas.

Et avec tout ça, est-ce que vous avez des loisirs?

Chaque jour est un loisir ! J’aime plusieurs choses : cuisiner, broder, lire… Je peux les faire, mais je ne leur accorde pas le temps car ce ne sont pas mes priorités. J’ai trois priorités.

  1. Femme Avenir – c’est important parce que c’est une association internationale, avec de l’influence et du lobbying.
  2. Ensuite, je garde mon implication sportive, parce que c’est mon équilibre.
  3. Et le troisième pôle c’est l’IHEDN.

Mais c’est déjà pas mal.

Comment j’organise ma journée?

Je travaille tous les jours! Ma journée commence entre 6h et 6h 30 par un traditionnel petit-déjeuner. Un grand bol de café-chicorée, une demi-baquette avec du beurre des Charentes et avec de la confiture fait maison – un bon démarrage.

Vous avez tellement d’idées intéressantes! Est-ce que vous avez déjà pensé à écrire un livre?

J’ai participé à l’écriture d’un livre dans les années 90, «Les parents de Julie : Ou l’éducation par le bon sens» édité à la Maison de la Pédagogie. J’ai écrit un chapitre sur les valeurs, et c’était comme une commode avec 7 tiroirs pour chaque période de vie de Julie.

Et quant à votre fils, est-ce que vous lui avez donné des conseils?

Nous avons donné une éducation à notre fils de telle façon qu’il puisse avoir l’ouverture d’esprit suffisante pour qu’en grandissant il ait les clefs pour être libre de choisir et d’agir. Ce sont mes consignes.

À votre avis, est-ce qu’il y a la différence entre l’éducation des filles et des garçons?

Oui. Parce que des différences existent aussi entre les rôles des femmes et des hommes. Mais aujourd’hui le monde change, il ne faut plus être homme pour devenir un pilote de chasse, par exemple.

Aujourd’hui toutes les possibilités de formation sont ouvertes aux femmes. On peut s’interroger, pourquoi restent-elles fréquemment en bas de la hiérarchie professionnelle?

Alors, c’est inscrit dans la société, les mentalités n’évoluent que trop lentement. C’est plutôt l’homme médiocre qui a l’accès à un certain poste que la femme brillante.

Maryse, quel sera votre conseil pour les femmes qui veulent être aussi actives que vous?

Je leurs dirais:

Osez!

Mais pour oser il faut se connaître. Cela veut dire, être capable de lister ses défauts, ses qualités. Comprendre ce que l’on veut, ce que l’on peut, et pourquoi.

Dites-moi, quel est votre secret?

Je crois que j’ai beaucoup de chance d’avoir une bonne santé : je ne vois que rarement le médecin, j’ai un corps qui réagit bien, un bon mental, je crois. Maintenant je me dis: «Et si tu étais aveugle?» Bah, j’ai déjà trouvé ce que je peux faire! J’apprends le braille pour continuer à lire. Après, être aveugle ce n’est pas être sourde: je pourrais toujours communiquer, peut-être prendrais-je un chien.

J’imagine que vous êtes heureuse dans votre vie.

Oui, car optimiste! Et je suis plutôt positive dans mes idées. Demain sera une nouvelle journée, tout à recommencer. Dieu merci, avec ma tête, mes deux jambes, mes deux bras!

Chaque jour je peux dire:

Aujourd’hui j’ose! Je suis ouverte à cette nouvelle journée.

En fait, je ne me demande pas en quoi mes actions peuvent changer globalement la société, mais je les fais aujourd’hui pour que ce soit mieux demain.

Et finalement on va être jugés sur que l’on fait. Voilà!

 

Photos: Anastasia Rufin

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