Marine Baron: Paradoxe de la Liberté

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Par Elena LYSAK

Marine Baron est connue en France par son livre basé sur son expérience dans l’armée. Après avoir passé deux ans dans la Marine nationale, elle a démissionné, lassée par la misogynie du milieu militaire, quelque mois plus tard elle a publié « Lieutenante. Être femme dans l’armée française« . Femme active et polyvalente, aujourd’hui elle prépare la parution de son troisième livre, fait une étude philosophique, pratique le sport de combat et joue du violoncelle.

Dans son témoignage Marine explique le paradoxe de la liberté qui est souvent indissociable des contraintes.

« Ce sont des choses vitales pour moi, la musique et l’écriture. »

Marine Baron - Les Rendez Vous De l'Ethique Evry 2012 - 4eme Debat - 02
Marine Baron at Les Rendez-Vous de l’Ethique, Evry

En 2009 vous avez publié votre premier livre autobiographique « Lieutenante. Être femme dans l’armée française« . En 2015 c’était la parution du deuxième, sur la vie et le destin d’Ingrid Bergman.

Et qu’est-ce que vous faites aujourd’hui?

A l’heure actuelle, j’assume plusieurs activités. J’écris ma thèse de philosophie à la Sorbonne, je fais des études de criminologie en parallèle. Et je travaille pour une maison de couture pour enfants, j’y fais un travail administratif. Voilà! Bien sûr j’élève ma fille et puis je finis mon troisième livre.

La thèse de philosophie – c’est très intéressant! Quel est le sujet?

C’est sur Michel Foucault, mail il est assez difficile de préciser le sujet. En deux mots: comme j’adore le livre « Surveiller et Punir », la question qui m’intéresse c’est comment notre volonté peut être orientée par la norme et comment elle peut agir sur elle.

Marine Baron and her Book Ingrid Bergman biography for Madame Success

Et si on veut décrire votre profession actuelle – vous êtes qui?

Je pense que pour l’instant je ne me définis pas par la profession, car je n’aime pas être enfermée dans une certaine cadre, vous comprenez? Oui, j’aimerais bien travailler dans le domaine du droit plus tard, finir ma thèse de philosophie et continuer à écrire. Mais je n’arrive pas moi-même à me définir. Je fais des choses quand elles me viennent, les choses qui me plaisent. Il y a une phrase d’Henry de Montherlant  qui me parle:

« On flétrit du nom de dilettante un homme qui aime tout ce qui mérite d’être aimé. »

Je vous cite cette phrase parce que j’ai l’impression que j’aime beaucoup de choses qui méritent d’être aimées. Mais il y a toujours l’écriture qui me revient, ça c’est vrai.

Et pourquoi toujours l’écriture?

J’ai toujours eu l’envie d’écrire, mais j’ai aussi fait de la musique, et je pense que c’est très lié.

Parce que quand on essaie d’écrire une phrase, on essaie de fixer la manière dont elle sonne – on fait un peu de musique.

Pour moi, ce sont des choses vitales, la musique et l’écriture, ça m’aide à m’exprimer. Je joue du violoncelle depuis mes 5 ans, mais j’ai un niveau assez bas, car je l’avais arrêté. Aujourd’hui je le reprends afin d’accompagner à ma fille qui joue du violon.

« Les filles, en général, sont dévalorisées par la société… par plein de choses. »

Vous avez dit que vous avez fait des études de lettres. Pourquoi les avez-vous choisies?

Je n’ai pas vraiment choisi – j’ai été une bonne élève, je ne savais pas trop ce que je voulais faire. J’aimais le français, les langues, donc j’ai été amenée à faire les études classiques,

et mes parents étaient contents – et puis c’était convenable pour une femme d’après l’opinion publique. Non, mais c’est vrai!

Même aujourd’hui, c’est comme ça. Justement, j’ai lu une étude d’après laquelle, en général, on parle moins de mathématiques aux filles qu’aux garçons.

C’est vrai? Mais vous pensez qu’il faut vraiment changer cette situation?

Bien sûr! Et je pense que cela peut être changé par l’éducation – des filles aussi bien que des garçons. En ce qui concerne les filles, je pense qu’il faut les éduquer davantage aux mathématiques et au sport, et leur apprendre aussi à avoir plus confiance en elles. Et pour les garçons – il faut qu’ils laissent davantage les filles jouer avec eux, au football par exemple.

J’imagine que vous transmettez vos idées à votre fille? 

Oui. J’essaie de lui apprendre à être forte, à avoir confiance en elle. C’est très important!

Marine Baron French Writer Husband and daughter

Et votre mari, qu’est-ce qu’il apporte à votre fille?

Mon mari est très fier de notre fille, il l’adore! Et je pense que, pour une petite fille, sentir que son père est fier d’elle – c’est hyper important!

Plus important que pour un garçon?

Oui, parce que comme ça une fille se sent capable d’avoir le rôle d’héritière de son père. Et de jouer un rôle d’homme dans la société, afin de faire tout ce que peut faire un homme!

Bon, pour un garçon c’est grave aussi d’avoir un père qui n’est pas fier de lui, mais les garçons sont plus valorisés dans la société, alors que les filles …

Les filles, en général sont dévalorisées par la société. Oui! Par plein de choses ! Et si en plus le père se désintéresse d’elle, c’est vraiment grave.

Mais pourquoi d’après vous, des femmes sont dévalorisées par la société?

Bon, je pense que les femmes sont dévalorisées par plusieurs choses:

on nous appelle par nos prénoms, 
on nous tutoie très facilement … Et nous, 
on se préoccupe plus des autres que de nous-mêmes. 

Puis, il y a cette manière de femmes de s’excuser tout le temps – les hommes s’excusent beaucoup moins, alors que nous… Ce n’est pas tragique – on est dans la société démocratique quand même, mais on est moins considérées, c’est vrai.

Regardez par exemple, les élections présidentielles – il y a très peu de femmes qui osent se présenter! 

Il y a encore beaucoup d’inégalité, donc il faut toujours se mettre en valeur,

parce qu’il y a trop de femmes qui entendent dès leur enfance: « Tais-toi, c’est ton frère qui parle! » Et puis évidemment elles se disent: « C’est lui qui est le roi, c’est moi qui dois m’adapter ».

 Donc l’injustice sociale s’écrit dans la famille?

Je pense que cela naît dans la famille.

Moi, par exemple, j’avais toujours peur de parler 
pour ne pas dire des bêtises, 
mais les hommes – ils disent tout ce qu’ils veulent, 
ils ont davantage le droit de dire des conneries! 
Pardon.

Et c’est vrai dès leur enfance : les garçons sont beaucoup plus libres que les filles.   

Changer le monde c’est très difficile, mais chaque femme peut-elle changer sa propre vie?

Bien sûr qu’elle peut! Comment?

« Je dirais que, quand vous ressentez une injustice de la société, il faut aller contre! »

Il faut apprendre à gérer sa capacité à l’empathie, et il faut essayer d’oser, essayer de s’imposer, de s’obliger à faire des choses réelles. Petit à petit, pas à pas, mais faire quelque chose.

Finalement, il faut se battre pour tout!

C’est important parce qu’il y a une grande injustice dans la société ! Je viens de lire un livre de Marlène Schiappa « Où sont les violeurs?« 

 Ce livre raconte que près de la totalité des femmes violées ne voient jamais leur agresseur condamné par la justice. Parce que les articles de loi, notamment celui du Code Pénal qui définit le viol sans faire référence au consentement, contribuent à rendre leur parole inaudible. Voilà!

« L’armée n’était pas faite pour moi. »

Et l’armée – c’était aussi une sorte de combat pour vous? Pourquoi vous l’avez choisi?

J’ai choisi l’armée pas forcément pour un combat, plutôt parce que je m’ennuyais profondément.

Je faisais des études de lettres, assez difficiles, mais j’avais un tempérament plus actif, j’avais envie d’être en action. Et je me suis dit que l’armée me correspondrait bien, c’était plus pour mon caractère.

Dans l’armée on ne vous donne pas d’indications sur vos efforts ou un sur un processus d’action précis, on vous impose juste le résultat, donc, si on veut, on peut faire énormément de choses différentes, et ça me plaisait de ce côté-là. 

C’est étonnant, ce que vous dites. Nous, les civils, on pense toujours que l’armée, c’est trop cadré.

Oui, c’est trop cadré et très strict – les horaires, la discipline, la hiérarchie. Mais en même temps, il y a une certaine liberté à l’intérieur de ces cadres. Une liberté je dirais paradoxale, car finalement chacun fait comme il peut ou comme il veut afin d’obtenir le résultat demandé.

J’ai vu votre citation: « Je ne suis pas faite pour l’armée » – qu’est-ce que cela veut dire? « Faite » en tant qu’être humain? Ou plutôt en tant que femme intégrée au milieu masculin?

J’ai dit ça à mon capitaine quand j’ai quitté l’armée. Aujourd’hui je pense rétrospectivement que j’ai été faite pour l’armée en tant que personne. Mais le contexte dans lequel j’ai évolué en tant que femme – là cette fois en tant que personne de sexe féminin– ne m’était pas favorable.

Je pense qu’humainement, j’ai été faite pour l’armée, mais dans la situation où je me suis retrouvée, l’armée n’était pas faite pour moi.

Mais finalement, est-ce qu’il y a des choses qui vous manquent après tout ce qui vous est arrivé?

Oui, l’armée me manque encore, il y a beaucoup de choses que je regrette. Ce qui me manque le plus – c’est le sport. Là j’ai repris le karaté, mais juste quelques fois par semaine. Paradoxalement, il me manque aussi une sorte de liberté. Et puis d’avoir une impression d’être utile dans ma vie.

Être utile à qui?

Être utile à la France, à la démocratie. Quand il y a eu des attentats par exemple, j’ai essayé d’être réserviste, comme des milliers de gens. En fait, j’ai posé ma candidature, mais on ne recherchait alors pas d’officiers. Malheureusement.

« Il n’y a pas de catégories politiques pour défendre les droits des femmes. »

Avec toutes ces idées – vous êtes patriote?

Oui. Être patriote – c’est être attaché aux intérêts de sa nation. Pour moi plutôt aux valeurs françaises, mais plus largement aux valeurs démocratiques aussi.

C’est vrai que le patriotisme français passe par les valeurs démocratiques et par la liberté des femmes, des opinions, des croyances, etc.

Vous avez appris ces idées dans votre famille?

Je pense que mes parents ont été très déçus d’avoir une fille, car ils voulaient avoir un garçon. Et j’ai toujours souffert d’être une déception pour eux c’est pourquoi je suis très attachée aux droits de femmes.

J’ai toujours ressenti l’injustice d’être une déception par un seul fait d’être une fille.

En fait, les droits des femmes sont liés à la démocratie, c’est pourquoi l’attachement à la France, c’est un attachement à des valeurs d’émancipation de la femme. Qui n’est pas seulement la femme française, on est d’accord, mais ça compte beaucoup. Et en général, il ne faut pas catégoriser, car on retrouve des féministes parmi des gens de gauche et parmi des gens de droite.  Il n’y pas de catégories politiques pour défendre les droits des femmes!

« On peut se battre quand on a cette conviction de dire la vérité. »

Je trouve que vous inspirez plusieurs femmes. Est-ce qu’il y a des femmes qui vous inspirent?

Ingrid Bergman m’inspire – sinon, je n’aurais pas écrit sur elle. Femme indépendante, extrêmement libre, qui avait le courage d’assumer son désire contre l’opinion des gens.

Autre femme? En politique, donc, j’aimais bien Nathalie Kosciusko-Morizet, même si elle n’est pas parfaite. Parce qu’elle assez indépendante et elle a fait aussi l’armée.

Il y a toujours Simone Veil, qui inspire tout le monde.

Et parmi des écrivaines?

Marie Ndiaye qui a écrit « Trois femmes puissantes« , je l’ai beaucoup aimé. D’ailleurs elle a eu le Prix Goncourt pour cela.

Je vois que vous lisez beaucoup. Mais est-ce qu’il y a des livres que vous relisez souvent?

Il y a un fameux livre que j’ai relu – « Madame Bovary » de Gustave Flaubert.

Et puis un livre que j’ai beaucoup aimé « Monsieur » d’Emma Becker, sur une petite jeune fille qui est victime d’un homme qui la fait souffrir.

Le fait qui m’intéresse ici, c’est de comprendre comment on peut réagir différemment par rapport à cette situation. Bon, il y a des hommes se comportent mal avec les femmes qui partagent leur vie,

je me suis toujours imposé de ne jamais accepter des choses comme ça dans ma vie, jamais.

Vous avez déjà écrit deux livres, vous êtes en train de finir le troisième. Quelle est votre manière d’écrire?

Je fais un plan. C’est plutôt 10 chapitres, ce qui n’est pas mal, et c’est bien aussi de construire la logique. Voilà, je prends mon plan et j’écris chapitre par chapitre.

Et oui, je sais toujours ce qui se passe au début et à la fin de chaque chapitre.

Normalement j’écris la nuit, entre minuit et 2 heures du matin, parce que je travaille pendant la journée.

Écrire un livre – ça vous prend combien de temps? « Lieutenante », par exemple…

Elena Lysak et Marine Baron, Paris, 2017

En fait, écrire ce livre-là ça m’a pris des mois à m’angoisser sans rien faire, et puis je l’ai écrit très vite, en trois semaines. Mais je ne parle pas juste de trois semaines, parce que tout le temps que j’ai appris à m’angoisser – cela m’a fait un vrai moteur.

Donc le temps à ne rien faire, il est aussi important parfois. Vous voyez ce que je veux dire?

Et comment vous avez osé d’écrire le livre sur vos souffrances dans l’armée? Aviez-vous peur?

Oui, quand mon livre est sorti, j’avais peur…

Mais en même temps j’avais envie de m’exprimer, c’était plus fort.

Et puis j’ai raconté les histoires de mes proches – par exemple, de mes parents, en disant que je n’étais pas contente de leur manière qu’ils avaient de me considérer dans la famille. Certes, on a toujours peur de dire des choses comme ça, mais on n’a rien à se rapprocher quand on dit la vérité. On est tranquille avec la vérité.

Disons comme ça: on peut se battre quand on a cette conviction de dire la vérité.

Est-ce qu’il a des choses apprises dans l’armée qui sont utiles dans votre vie quotidienne?

Le fait qu’il y a plus d’hommes – cela m’a appris 
à avoir une façon de parler plus directe. 
Avec la hiérarchie, par exemple.Et, en fait, 
l’armée m’a apporté plus de la liberté, 
parce que si on était trop impressionné 
par la hiérarchie militaire, 
on était complètement étouffé. 
Donc encore une fois paradoxalement les cadres stricts 
de l’armée m’ont appris à être plus libre dans ma vie!

Et parfois aujourd’hui quand il me faut du courage, je repense à l’armée. Par exemple, j’ai sauté d’un avion, accrochée à un homme inconnu avec un parachute,

alors pourquoi ne pas oser faire ce qu’il faut faire dans la vie quotidienne? C’est encourageant!

« J’essaie toujours d’écrire la vérité – pour les femmes, sur les femmes. »

Vous avez dit que plusieurs femmes vous écrivent à propos de vos livres, posent des questions, demandent des conseils. Est-ce que c’est un Succès pour vous?

Est-ce que j’ai du Succès? Je ne suis pas quelqu’un de vraiment connu. Bien sûr, cela me fait plaisir quand on parle de mes livres, mais le Succès, je ne pense pas…

J’espère que plus tard j’en aurai, même si ce n’est pas le but – c’est toujours bien, la reconnaissance.

La reconnaissance de qui – du grand public ou des critiques, des collègues?

C’est important, les deux!

Du grand public – parce qu’on a l’impression d’être aimé. Et puis en même temps, les professionnels qui disent que c’est bien écrit – c’est très bien aussi.

Donc les deux sont intéressants, et je suis toujours à la recherche de la reconnaissance des gens.

Mais écrire et être reconnu – ça sert à quoi? Vous voulez ainsi changer la société?

Moi, j’écris pour les femmes. Pour moi c’est important, car quand un homme écrit sur des femmes – il est souvent incapable de se mettre à leur place, vous comprenez?

Et moi, j’essaie toujours d’écrire la vérité – pour les femmes, sur les femmes.

De mettre en lumière des choses, de les explique. En fait, je suis un peu combattante, quand je vois des choses complètement injustes. Et c’est vrai que j’essaie d’être forte quand cela vaut le coup.

Marine Baron with her husband

Et votre mari, est-ce que c’est difficile pour lui de vivre avec une femme forte?

Oui, je pense que je ne suis pas quelqu’un de facile.

Mais j’ai la chance d’avoir un mari beaucoup plus âgé que mois – on a 23 ans d’écart.

Et on a suffisamment de distance l’un avec l’autre pour ne pas être tout le temps en rivalité. Et il est beaucoup plus calme que moi, mais il est comme moi très indépendant.

« Ma fille, je mets beaucoup d’ambitions en elle. Peut-être trop d’ambitions. »

Avec votre mari comment vous organisez la vie quotidienne?

Je ne fais pas le ménage, je ne fais pas la vaisselle, je ne fais pas la lessive – c’est mon mari qui s’en occupe. Je fais la cuisine – j’aime bien ça.

Et c’est vrai que ce partage de tâches, cela s’est passé automatiquement, dès le début de notre mariage.

Écrivaine, musicienne, ancien officier, personne engagée politiquement. Est-ce qu’il y a d’autres choses que vous faites?

Course à pied, j’ai commencé cette année. Et puis le karaté – ça me plait énormément! Ma fille en fait aussi depuis qu’elle a eu ses 4 ans, ça fait huit mois, et elle a déjà changé sa ceinture.

Marine Baron daughter helene.image.mars2017

Est-ce que vous avez peur pour elle, quand elle participe au combat?

Je pense qu’on a toujours peur pour nos enfants, mais justement j’ai envie qu’elle n’ait pas peur ! Je l’ai mise là-dedans parce que je veux qu’elle puisse avoir de la force, qu’elle puisse être dans la performance physique. Et lui dire après que ce n’est pas réservé aux garçons. Voilà! 

A 4 ans et demi – ce n’est pas trop tôt?

Non. Elle a déjà sauté une classe à la maternelle.

Et pour qu’elle se sente plus à l’aise je lui donne un peu de cours de mathématiques, et je lui fais travailler son violon, bien sûr.

En fait, ma fille, je mets beaucoup d’ambitions en elle. Peut-être trop d’ambitions, voire une certaine pression. Mais paradoxalement à travers mes projets pour elle, avec toutes ces choses qu’elle fait à son âge, ma fille aura finalement plus de possibilités dans sa vie. Plus de liberté je dirais… Encore une fois – c’est la liberté à travers des cadres, à travers des règles qu’on retrouve dans la vie.

 

« C’est dur, la procrastination … mais en même temps c’est un moteur. »

Et comment vous organisez votre journée avec plusieurs choses à faire?

Je me lève à 6h 45, je me prépare très vite. Je ne m’occupe pas de notre fille le matin – c’est mon mari qui le fait. Donc je vais au travail, je travaille de 8h 30 à 13h 30.

Qu’est-ce que vous mangez le matin?

Rien du tout, juste un café. Comme je me couche tard, je n’ai pas faim le matin, à 6h 45 du matin c’est trop tôt pour moi. Je mange à 14h, après le travail. En général, j’adore manger, j’aime bien aller au restaurant et je mange beaucoup…

J’adore des choses sucrées, à tel point que les plats salés que je préfère sont toujours aigres-doux, sucrés-salés. Donc j’aime manger, mais en même temps, j’ai appris à contrôler ma faim. C’est bizarre. 

Et puis votre journée continue de quelle façon?

Donc je travaille jusqu’à 13h 30 à la maison de couture pour enfants – je fais des choses administratives, et ça me convient très bien.

Et puis, dans la journée, j’écris parfois des chroniques pour un site, Atlantico – c’est un site d’information, mais comme je lis beaucoup, j’écris toujours sur des livres.

Après je travaille un peu pour ma thèse, et puis je reviens chez moi pour s’occuper de ma fille. Soit je vais la chercher à l’école directement, à 15h ou 16h 30, soit elle va à la garderie et je vais la chercher à 17h 30.

Où notez-vous vos activités pour ne pas les oublier?

Je garde tout en tête! Non, mais vraiment – j’ai une bonne mémoire, je me souviens de tout. Même les dates d’anniversaires de tout le monde.

Autre question. Est-ce que vous connaissez la procrastination?

Oui, et c’est dur, la procrastination. Mais en même temps c’est un moteur, car au bout d’un moment on est tellement angoissé qu’on souffre plus de ne rien faire que de faire ce qu’il faut!

On peut par exemple trouver le courage de demander un service à quelqu’un, ce qui est très difficile pour moi.

« Il faut faire plusieurs choses qui font envie – comme ça on a plus de chances de réussir. »

Est-ce qu’il y a des choses pour lesquelles il vous manque du temps?

Oui. Déjà ma fille… Je ne sais pas comment les autres le font, mais j’ai l’impression que je n’ai jamais assez du temps pour elle. C’est pour ça que je n’ai pas envie d’avoir un autre enfant, car ma vie est déjà remplie… 

Marine Baron French Writer Family DaughterEt très souvent je laisse tomber d’autres choses pour passer plus de temps avec ma fille, et ça me fait plaisir! Et oui, je ne le regrette jamais en fait.

Quel sera votre conseil aux femmes qui veulent faire quelque chose? Par exemple à celles qui ont des rêves, mais qui n’osent pas les réaliser?

Mon conseil sera de ne rien laisser passer. Si on a l’impression qu’on a des choses à faire – il faut le faire!

Mon conseil sera aussi d’essayer plusieurs 
choses à la fois, car il ne faut pas se concentrer 
ni sur une seule personne, ni sur une seule activité. 
C’est important, car cela donne une certaine force.

Parfois les gens ont peur de se disperser entre plusieurs choses, mais en même temps on apprend beaucoup de choses par plusieurs activités. 

On a plein de capacités en nous, mais pour les mettre en lumière il faut le faire! Donc il faut essayer, il ne faut pas s’enfermer! Il faut faire plusieurs choses différentes qui font envie– comme ça on a plus de chances de réussir!

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Images: Marine Baron

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